Mon avis sur Chanel N°5 : légende ou parfum dépassé ?

Première impression : attention mamie détectée

Bon, soyons honnêtes. La première fois que j’ai testé N°5, j’ai failli reposer le flacon. C’était sur une mouillette en parfumerie, et franchement, j’ai pensé « parfum de grand-mère ». Pas très glorieux comme début pour une légende du parfum.

Mais voilà le truc. Je suis revenu dessus trois fois. Parce que quelque chose me chiffonnait. Ce parfum a bientôt 100 ans et il cartonne toujours. Y’a forcément une raison, non?

J’ai décidé de vraiment le porter une semaine. Pas sur mouillette. Sur peau. Et là… disons que j’ai compris des trucs.

Le test terrain : surprenant au quotidien

Tenue et évolution

Premier truc qui m’a bluffé : la tenue. On parle de 8 à 10 heures facile. L’extrait de parfum monte jusqu’à 12 heures sur moi, ce qui est carrément costaud.

Les premières minutes sont brutales – cette fameuse ouverture aldéhydée qui pique un peu le nez. Si vous n’avez jamais senti ce type de notes, c’est difficile à décrire mais… c’est presque savonneux, métallique, avec un côté pétillant. Ça surprend.

Puis le cœur floral arrive. Là on reconnaît le jasmin, la rose, l’ylang-ylang. C’est riche, généreux, presque capiteux. Pour ceux qui veulent approfondir la composition complète, vous pouvez consulter la fiche détaillée du parfum.

Sillage et projection

Le sillage? Présent. Vraiment présent. Deux vaporisations suffisent largement (j’ai fait l’erreur d’en mettre quatre le premier jour… mes collègues ont fait la grimace).

La projection est modérée mais constante pendant les 3-4 premières heures. Ensuite ça reste proche de la peau mais perceptible. Vous voyez le genre?

Points forts : pourquoi ça marche encore

La qualité est là. On sent qu’on n’est pas sur un jus bas de gamme. Les ingrédients sont nobles, la construction soignée. Normal pour le prix, me direz-vous.

L’originalité. Oui, même aujourd’hui. Allez en parfumerie sentir 20 jus féminins récents. Ils se ressemblent tous ou presque. N°5 ne ressemble à rien d’actuel. C’est déstabilisant mais rafraîchissant.

La polyvalence temporelle. Je m’explique : ça passe aussi bien en journée qu’en soirée. Bureau, dîner, événement chic… ça fait le job partout.

L’histoire. Et oui, ça compte. Porter un parfum créé en 1921, découvrir l’histoire de Chanel N°5, c’est quand même autre chose que le dernier jus marketing sorti hier. Entre nous, ça a son charme.

Points faibles : restons lucides

Le côté daté. Impossible de le nier. Sur certaines personnes, ça fait vieillot. La chimie de peau joue beaucoup, mais l’effet « dame d’un certain âge » peut arriver. J’ai 32 ans et parfois je me demandais si je tirais pas un peu trop vers le classique.

Le prix. 110-150€ selon les concentrations et contenances. Pour un floral aldéhydé qui ne plaît pas à tout le monde, c’est un investissement. Surtout quand on voit que certains risquent de détester.

Pas hyper moderne. Si vous cherchez quelque chose de frais, léger, gourmand ou fruité… passez votre chemin. N°5 c’est l’inverse de la tendance actuelle.

L’ouverture agressive. Ces aldéhydes ne plaisent pas à tout le monde. Ma copine a carrément fait la tête les premières fois. « Ça pique », qu’elle disait. Ah, et j’oubliais : sur peau froide, ça peut tourner savon de Marseille.

Rapport qualité-prix : ça pique mais…

150€ pour 100ml d’extrait de parfum, 110€ pour l’eau de parfum. C’est cher. Vraiment cher.

Maintenant, comparons avec les autres parfums de luxe actuels. Un jus de niche basique coûte facilement 180-200€. Une eau de parfum designer premium tourne autour de 120€.

Donc oui, c’est cher. Mais pour du Chanel, avec cette qualité de composition, cette tenue… c’est dans la moyenne haute du luxe. Pas donné mais pas du vol non plus.

Par contre (et c’est important), vous payez aussi la marque et l’image. Un parfum avec une composition similaire mais sans le logo coûterait probablement 30% moins cher.

Mon verdict sans filtre

Alors, Chanel N°5 en 2024?

C’est compliqué. Ce n’est clairement pas pour tout le monde. Si vous avez moins de 25 ans et que vous cherchez quelque chose de moderne, fuyez. Si vous aimez les parfums sucrés ou fruités, fuyez aussi.

Mais.

Si vous voulez vous démarquer, porter quelque chose de vraiment différent, assumer un style classique et sophistiqué… là, ça devient intéressant. Très intéressant même.

J’ai porté N°5 une semaine complète. Les trois premiers jours, j’étais sceptique. Les quatre suivants, j’ai commencé à kiffer. C’est un parfum qui demande du temps, de la patience.

Comment dire… il faut accepter de ne pas plaire à tout le monde. Certains vont adorer, d’autres détester. Pas de demi-mesure.

Ma note : 7.5/10

Points bonus pour la qualité et l’originalité. Points en moins pour le côté potentiellement vieillot et le prix salé.

À qui je le recommande? Aux femmes (ou hommes, pourquoi pas) qui assument un style affirmé, qui ne veulent pas sentir comme tout le monde, et qui ont le budget.

À qui je le déconseille? À ceux qui découvrent la parfumerie, qui cherchent du consensuel, ou qui ont un budget serré.

Dernière chose : testez-le plusieurs fois avant d’acheter. Vraiment. Ce n’est pas un coup de foudre immédiat, c’est une relation qui se construit. Bizarre comme comparaison? Peut-être. Mais c’est exactement ça.

Article rédigé par

Thomas Verdict