En Passant Frederic Malle : mon avis après 2 semaines

Bon, je vais pas tourner autour du pot : En Passant m’a déstabilisé dès la première pulvérisation. Je m’attendais à un truc floral classique chez Frederic Malle… et j’ai eu droit à une balade dans un jardin anglais après la pluie. Genre vraiment.

Premier contact : le choc du naturel

La première chose qui frappe, c’est cette impression de verdure humide. Le lilas arrive cash, sans compromis, accompagné d’un concombre aqueux qui pourrait déconcerter ceux qui cherchent du parfum « parfum ». Vous voyez le genre ? Ça sent… la vraie fleur. Presque trop.

Mes premières notes : frais, vert, légèrement savonneux. Pas glamour pour deux sous. Et pourtant, impossible de m’arrêter de sentir mon poignet pendant les 20 premières minutes.

Test terrain : 15 jours de port réel

Tenue : la grosse déception

Soyons honnêtes… c’est là que ça coince. Sur ma peau, j’obtiens 3-4 heures max avant que ça devienne une trace fantôme. J’ai testé sur vêtements : on monte à 6 heures, peut-être 7 si je suis généreux. Pour du Frederic Malle à 160€, ça pique quand même.

J’ai essayé la technique de la sur-pulvérisation (6 pschitts au lieu de 3). Résultat ? Une heure de plus, mais on tape dans le flacon deux fois plus vite. Pas hyper malin niveau budget.

Projection et sillage

Là, ça reste dans l’intime. À bout de bras pendant 30 minutes, puis ça se love contre la peau. Ma copine le sent quand elle m’embrasse dans le cou, mais oubliez l’idée de parfumer une pièce. C’est un parfum pour soi, pas pour marquer son territoire.

Entre parenthèses (et c’est peut-être voulu par Olivia Giacobetti), cette discrétion colle parfaitement au concept du parfum. Si vous voulez comprendre la philosophie derrière cette création, je vous conseille de découvrir son histoire fascinante.

Évolution olfactive

Pendant la première heure : lilas vert + concombre + blé (oui, du blé). C’est frais, presque froid.
Heures 2-3 : le musc blanc apparaît, ça s’adoucit. Le lilas reste présent mais moins cru.
Après 4 heures : il reste une odeur de peau propre, légèrement poudrée.

Honnêtement ? L’ouverture me passionne plus que le drydown qui devient assez basique.

Points forts

L’originalité – Rien à voir avec les floraux sucrés qui inondent le marché. C’est carrement rafraîchissant de sentir quelque chose d’aussi vert.
La naturalité – Si vous aimez les parfums qui sentent « vrai », vous êtes servis. Pas de synthèse agressive ici.
La polyvalence de genre – Je le porte, ma sœur aussi. Ça fonctionne sur tout le monde.
Parfait pour les grosses chaleurs – Un des rares parfums que je supporte à 30°C sans avoir l’impression d’être dans un ascenseur parfumé.

Points faibles

La tenue catastrophique – C’est le gros problème. Pour ce prix, je m’attends à mieux.
Le prix au millilitre porté – Si on fait le calcul avec les retouches nécessaires, ça devient vite un luxe quotidien.
La projection timide – Ceux qui aiment qu’on les remarque passeront leur chemin.
L’ouverture peut rebuter – Ce côté concombre/vert n’est pas universel. J’ai testé sur 5 personnes : 2 ont adoré, 3 ont fait la grimace.

Pour qui ? Pour quand ?

Je le vois bien sur quelqu’un qui :

– Recherche la discrétion olfactive
– Aime les parfums minimalistes
– Supporte mal les parfums capiteux
– Veut un parfum bureau-friendly (vraiment safe)
– Apprécie Olivia Giacobetti et son style épuré

Côté saisons : printemps et été, sans hésiter. L’hiver, il disparaît encore plus vite et paraît trop léger. L’automne, pourquoi pas pour les journées douces.

Le rapport qualité-prix

Ah, la question qui fâche. 165€ les 100ml (prix généralement constaté). Pour la qualité de composition : oui, ça les vaut. C’est du très beau travail olfactif.

Mais pour l’usage quotidien ? Comment dire… c’est difficile à justifier vu la tenue. À ce tarif, je préfère investir dans quelque chose qui me suit toute la journée.

Si vous tombez dessus à -30% pendant les soldes, là ça devient intéressant. Mais au prix plein, je suis mitigé.

Comparaison rapide

Pour situer En Passant dans l’univers des parfums verts :

– Plus naturel que Light Blue de D&G (qui tape dans le synthétique)
– Moins tenace que Philosykos d’Diptyque
– Plus accessible olfactivement que Géranium pour Monsieur de Malle
– Dans le même esprit minimaliste que Prada Infusion d’Iris (mais en plus vert)

Mon verdict sans filtre

En Passant, c’est un parfum que je respecte plus que je ne l’aime. La composition est brillante, le rendu ultra-naturel impressionne… mais la tenue me frustre à chaque port.

C’est le genre de parfum que je sors pour des occasions précises : brunch en terrasse, balade matinale, journée télétravail tranquille. Pas mon choix pour une journée de 12 heures au bureau ou une soirée.

Bref. Un beau parfum technique qui souffre de son manque de persistance. Dommage, vraiment.

MA NOTE : 6,5/10

+2 points si vous privilégiez la composition sur la performance
-1 point si le budget est serré

Question finale : est-ce qu’un parfum magnifique mais fugace vaut mieux qu’un parfum correct mais tenace ? Je vous laisse répondre.

Article rédigé par

Thomas Verdict