J’ai toujours eu un rapport bizarre avec Fahrenheit Absolute. La première fois que je l’ai testé, j’ai détesté. Vraiment. Un truc trop épais, trop cuir, presque violent. Puis je suis revenu dessus six mois plus tard… et j’ai commandé un flacon.
Première Impression : Le Choc Cuir-Myrrhe
Bon, soyons honnêtes : ce parfum ne fait pas dans la dentelle. Dès les premières secondes, tu prends une baffe de myrrhe fumée qui sent carrément le temple bouddhiste. Pas glamour comme description, je sais. Mais c’est ça.
Le cuir arrive presque instantanément. Un cuir sombre, animal, qui rappelle les vieilles selles de cheval usées. Ça sent le masculin brut des années 2000, cette époque où les parfums pour hommes assumaient leur virilité sans s’excuser.
La violette sous-jacente adoucit un peu le tout. Un peu. Disons que c’est comme mettre un coussin en velours sur une chaise en métal – ça reste une chaise en métal.
Test Terrain : La Réalité Après 8 Heures
Tenue et Projection
Là, Dior a mis le paquet. Trois sprays et tu tiens facilement 10-12 heures. La projection reste costaud pendant les 4 premières heures – on te sent arriver de loin. Trop loin parfois (j’en ai fait l’expérience en ascenseur, pas mes meilleurs souvenirs).
Après 6 heures, ça se calme. Le parfum colle à la peau mais garde cette signature cuir-myrrhe. Ta chemise va sentir pendant deux jours minimum. Trois si elle reste dans le placard fermé.
Évolution Olfactive
C’est pas un parfum qui évolue énormément. Tu as une ouverture fumée-épicée, puis ça bascule sur le cuir pendant des heures. Le fond de vanille bourbon arrive tard, vraiment tard – genre après 7-8 heures. Et c’est dommage parce que ce mélange cuir-vanille, c’est le moment où je préfère Absolute.
Le côté violet-cuir me rappelle un peu l’univers de certains orientaux boisés, mais en plus dense. Plus entêtant aussi.
Points Forts
La personnalité. Tu ne passeras pas inaperçu. Jamais. C’est un parfum qui affirme quelque chose – quoi exactement, j’arrive pas trop à définir, mais quelque chose de puissant.
La tenue. Pour le prix, tu en as pour ton argent niveau longévité. Un flacon peut durer des mois vu qu’il faut vraiment pas abuser sur le nombre de sprays.
L’originalité relative. Dans une époque où tout le monde porte des clones d’Aventus ou des trucs sucrés, Absolute sort du lot. Clairement pas mainstream.
Points Faibles
Zéro polyvalence. Oublie le bureau. Oublie les rendez-vous en journée. Même pour une soirée, faut que l’ambiance s’y prête. C’est un parfum de niche dans une maison de luxe – tous les défauts des deux mondes.
Trop c’est trop. La richesse devient vite étouffante. Par temps chaud, c’est juste impossible à porter. Même l’automne, faut pas dépasser 20 degrés sinon tu suffoques.
Le côté daté. Comment dire… ça sent 2009. Cette période où Dior Homme Intense dominait, où les parfums assumaient leur densité. Certains vont trouver ça vintage cool, d’autres ringard. Je penche entre les deux selon mon humeur.
Rapport Qualité-Prix
Autour de 120-140€ les 100ml selon où tu cherches. Franchement, c’est cher pour ce que c’est. La qualité est là, certes – tu sens la vraie myrrhe, le cuir travaillé. Mais le nombre d’occasions où tu peux le porter est tellement limité que le coût par utilisation grimpe vite.
Si tu adores le Fahrenheit original et que tu veux une version survitaminée pour l’hiver, ça peut se justifier. Sinon… y’a des alternatives moins chères qui font le job.
Pour Qui ?
Les mecs de 35-50 ans qui s’assument. Ceux qui portaient déjà du Fahrenheit dans les années 90 et veulent une version plus mature. Les amateurs de cuir qui trouvent Tuscan Leather trop sage (oui, ces gens existent).
Par contre, si tu débutes en parfumerie, passe ton chemin. Vraiment. C’est comme commencer le whisky par un Ardbeg – techniquement excellent mais brutal pour un palais non préparé.
Mes Conseils d’Application
Deux sprays maximum. Un sur la nuque, un sur le torse. Jamais sur les poignets (trop proche du nez, tu vas saturer). Uniquement quand il fait entre 5 et 15 degrés dehors. Évite les espaces confinés pendant les deux premières heures.
Et surtout : teste-le plusieurs fois avant d’acheter. Ton avis va changer à chaque test, c’est normal avec ce type de jus.
Verdict Final
Fahrenheit Absolute, c’est un parfum que je respecte plus que j’aime. Il fait bien son truc – être un cuir-oriental puissant et assumé. Mais ce truc-là, j’en ai besoin trois fois par an, pas plus.
La performance est indéniable. La composition aussi. Mais la portabilité dans la vraie vie ? Compliquée. C’est beau, c’est costaud, c’est bien fait… et ça reste 90% du temps dans mon armoire.
Pour un amateur de cuirs qui cherche quelque chose de moins connu que Tom Ford, ça peut être une belle découverte. Pour quelqu’un qui veut un parfum d’hiver polyvalent, passez votre chemin.
Note : 7/10
Techniquement irréprochable, mais trop spécifique pour mériter plus. Un sans-faute dans un registre ultra-nichée qui limite son attrait.
Vous l’avez testé ? Vous faites partie du clan des fans ou des déçus ?
Pour les notes détaillées, voir la fiche Olfapedia.
Pour explorer d’autres créations masculines audacieuses, Stronger With You Spices offre une approche épicée tout aussi marquante.
