Première impression : WTF Rabanne ?
Bon, soyons honnêtes. Quand j’ai vu débarquer un énième Invictus, j’ai levé les yeux au ciel. Encore un flanker aquatique survirilisé pour ados boutonneux ? Raté.
Première vaporisation sur mouillette. Je fronce les sourcils. C’est quoi ce truc minéral ? Ça sent la pierre mouillée, presque calcaire. Pas du tout ce que j’attendais de la gamme Invictus. Deuxième test sur peau – là, ça devient carrément intéressant.
Cette note de cyprès change tout le game. On est loin, très loin des accords marins qui ont fait la signature de la ligne. C’est résineux, végétal, presque méditerranéen. Le genre de parfum qui vous fait dire « attends, laisse-moi re-sentir ».
Et cette vanille… Ils appellent ça « caviar de vanille ». Marketing pompeux ou vraie innovation ? Franchement, je penche pour la deuxième option. C’est granuleux, texturé, rien à voir avec la vanille crémeuse habituelle.
Test terrain : la vérité sans filtre
Tenue (8/10)
Là, Rabanne ne déconne pas. Comptez solide 8-9h sur ma peau (plutôt sèche). Les notes minérales s’estompent après 2h, puis le cyprès prend le relais pendant un bon moment. La vanille granuleuse ? Elle tient jusqu’au bout, presque entêtante en fin de journée.
J’ai testé sur chemise : encore présent le lendemain matin. Pas mal du tout.
Sillage et projection (7/10)
Bon, c’est pas un parfum discret. Les 30 premières minutes, vous allez marquer votre territoire – comptez facilement un mètre de sillage. Après, ça se calme à quelque chose de plus raisonnable. Parfait pour le bureau sans faire fuir les collègues.
La projection reste modérée après la première heure. Fini l’époque où Invictus annonçait votre arrivée 10 minutes avant vous (et tant mieux).
Évolution (6,5/10)
C’est là que ça coince un peu. L’ouverture minérale est fascinante, vraiment. Le cœur cypressé tient la route. Mais le drydown… comment dire… ça devient assez linéaire. Cette vanille granuleuse reste plantée là, sans trop bouger pendant des heures.
Pas désagréable, attention. Juste un peu… prévisible une fois qu’on a passé les 3 premières heures. Dommage après un départ aussi prometteur.
Points forts / Points faibles
Ce qui marche
- L’originalité – Franchement, chapeau pour avoir osé sortir des sentiers battus Invictus
- L’accord minéral-cyprès – C’est frais, c’est différent, ça surprend agréablement
- La tenue – Rien à redire, ça tient la distance
- La polyvalence – Contrairement aux autres Invictus, celui-là passe partout (ou presque)
- Le côté mixte assumé – Ma copine me l’a piqué deux fois. C’est dire.
Ce qui coince
- Le drydown répétitif – Cette vanille qui campe pendant 6h, ça lasse
- Le prix – On va en parler juste après, mais ouille
- Le flacon – Toujours ce trophée clinquant… on grandit quand ?
- La projection en baisse – Ceux qui aiment se faire remarquer seront déçus
- L’identité floue – C’est un Invictus qui ne sent pas Invictus. Bien ou pas ? Je ne sais pas trop
Pour creuser la composition, vous pouvez découvrir notre analyse détaillée des accords olfactifs.
Rapport qualité-prix : ça pique
Bon, parlons argent. Le 100ml tourne autour de 110-120€ selon les enseignes. C’est clairement du premium pour Rabanne.
Est-ce que ça les vaut ? Bonne question. La composition est effectivement travaillée, originale même. La tenue justifie en partie le tarif. Mais quand même… on est sur un flanker Invictus, pas sur un Parfums de Marly.
Mon conseil ? Attendez les promos. À 85-90€, ça devient nettement plus raisonnable. En dessous de 80€, foncez si le jus vous plaît – c’est une bonne affaire.
Ah, et pour ceux qui veulent comprendre pourquoi Rabanne a pris ce virage minéral, lire aussi le contexte de création peut éclairer certains choix.
Pour qui ? Pour quand ?
Clairement pas pour les fans hardcore d’Invictus original. Ceux-là vont détester – c’est presque l’inverse du DNA initial.
Par contre, si vous cherchez quelque chose d’oriental épicé mais pas cliché, là ça peut matcher. Les amateurs de parfums boisés-minéraux devraient accrocher aussi.
Côté saisons : étonnamment polyvalent. L’ouverture fraîche passe en été (pas en pleine canicule non plus), le fond vanillé réchauffe en automne-hiver. Printemps ? Parfait.
Occasions : bureau (2 pshitts max), soirée décontractée, week-end. Évitez peut-être les rendez-vous galants ultra romantiques – c’est pas vraiment un séducteur ce jus.
Verdict cash + Note
Note globale : 7,2/10
Invictus Elixir, c’est le bon élève qui surprend. Rabanne sort de sa zone de confort, tente un truc différent, et… ça marche plutôt bien. Pas parfaitement, mais plutôt bien.
La vraie question : est-ce encore un Invictus ? Franchement, je ne pense pas. C’est un parfum intéressant qui porte un nom connu. Le marketing a décidé de coller l’étiquette Invictus dessus, mais olfactivement, on est ailleurs.
Je le recommande ? Ouais, mais pas les yeux fermés. Testez-le absolument avant d’acheter. Soit vous allez kiffer l’approche minérale-cypressée, soit ça va vous laisser de marbre (sans mauvais jeu de mots).
Perso, je garde mon échantillon et je le sors de temps en temps. Acheter un flacon entier au prix fort ? Probablement pas. En promo à 80 balles ? Là, je réfléchis sérieusement.
En trois mots : Original. Déroutant. Intéressant.
Voilà, vous savez tout. Comme toujours, votre nez fera la différence – le mien vous a juste donné son avis sans langue de bois.
