Bon, soyons honnêtes… Quand j’ai vu qu’un nouveau Gaultier sortait avec seulement trois notes, j’ai un peu levé les yeux au ciel. Encore un coup marketing ? Et puis je l’ai testé. Pendant trois semaines. Sur différentes peaux, à différents moments. Bref, voici ce que j’en pense vraiment.
Première impression : le choc citronné
La vaporisation, déjà. Cette bergamote quadruplée (oui, quatre fois dans la formule), ça vous claque au visage comme une gifle froide. Pas désagréable. Juste… intense. On est loin du gentil agrume timide qu’on croise d’habitude en note de tête.
Ma copine a carrément sursauté quand je l’ai porté la première fois : « C’est quoi ce truc ? » (pas un compliment au départ). Mais cinq minutes après, elle changeait d’avis. La bergamote se calme – enfin, un peu – et là, surprise.
Le musc débarque.
Test terrain : la vraie vie
J’ai porté Le Beau Narcisse dans différentes situations pour voir comment il se comportait. Parce que franchement, un parfum qui sent bon sur mouillette mais qui disparaît en deux heures, merci bien.
Tenue
Alors là, j’avoue avoir été bluffé. Entre 8 et 10 heures facile sur ma peau (qui bouffe pourtant les parfums habituellement). La fève tonka fait le boulot – et comment. Elle s’accroche, cette petite. Au bout de la journée, on a encore cette trace vanillée-musquée qui traîne sur le poignet.
Testé aussi après le sport : le parfum mute un peu, devient plus animal avec la sueur. Ça peut plaire… ou pas. Personnellement, je trouve ça sexy.
Sillage et projection
Modéré. Pas un monstre de projection comme certains orientaux old school qui asphyxient l’open space. Non, là c’est plus subtil. Dans les premières heures (disons 2-3h), les gens à 50 cm de vous vont le sentir. Après, ça devient plus intime.
Ce qui donne quelque chose comme : bergamote agressive (30 min) → transition musquée (2-3h de projection correcte) → fève tonka câline (6-7h en mode peau-parfumée).
Points forts / points faibles
Ce qui marche
- La simplicité assumée : trois notes, point. Ça change des formules à rallonge incompréhensibles
- La polyvalence homme/femme qui fonctionne vraiment (testé sur ma compagne, ça rend différemment mais ça marche)
- Cette fève tonka qui dure… et qui dure… et qui dure
- L’originalité de cette bergamote survitaminée
- Prix raisonnable pour un Gaultier (on y revient)
Ce qui coince
- Le démarrage peut surprendre – voire rebuter. Ma mère a détesté (« trop violent »)
- Pas hyper original dans son développement final : une fève tonka, on en trouve partout actuellement
- L’effet « cocon gourmand » peut vite tourner au doudou olfactif (certains jours, j’avais envie de quelque chose de plus vibrant)
- Complètement inadapté aux grosses chaleurs – ça devient écœurant au-dessus de 25°C
Rapport qualité-prix
Alors, combien ? Environ 85€ les 100ml selon les revendeurs que j’ai checkés. Pour un Gaultier, c’est plutôt correct. On est dans la catégorie premium sans être du luxe délirant.
Maintenant, est-ce que ça les vaut ? Disons que… (comment dire) si vous cherchez un oriental moderne, polyvalent, avec une vraie personnalité, oui. Si vous voulez THE parfum de l’année qui va révolutionner votre vie olfactive, non.
La concurrence est rude dans cette gamme de prix. On trouve des trucs très bien chez Prada, chez Armani… Mais Le Beau Narcisse a ce petit quelque chose en plus : cette radicalité du trio bergamote-musc-tonka qui fonctionne comme un mantra olfactif.
Pour découvrir notre analyse complète de l’histoire de cette fragrance dans l’univers Gaultier, ça vaut le détour.
Verdict cash
Le Beau Narcisse, c’est un pari réussi. JPG prouve qu’on peut faire simple sans être simpliste. Trois notes, mais tellement bien dosées que ça suffit largement.
Je le recommande ? Oui, mais pas à tout le monde. Si vous aimez les parfums discrets et aquatiques, passez votre chemin. Si vous voulez un oriental qui a des couilles sans être un oud de compète, testez-le.
Sur moi, ça fonctionne bien en automne-hiver, plutôt le soir ou le weekend. Pour le bureau, ça passe si on y va mollo sur le spray (deux pschitts max).
Ma note : 7,5/10
Pourquoi pas 8 ou 9 ? Parce qu’il lui manque ce truc indéfinissable qui fait qu’on devient obsédé. C’est très bien fait, agréable, efficace… mais pas inoubliable. Après trois semaines de test, je l’apprécie. Je ne l’adore pas.
Et vous savez quoi ? C’est peut-être ça qui est bien. Un parfum qu’on aime porter sans se poser mille questions.
